Entrée
Le Petit Bonheur : Félix Leclerc (chanté par Hugues Aufray)
C'est un petit bonheur que j'avais ramassé
Il était tout en pleurs sur le bord d'un fossé
Quand il m'a vu passer, il s'est mis à crier
"Monsieur ramassez-moi, chez vous emmenez-moi"
"Mes frères m'ont oublié, je suis tombé, je suis malade"
"Si vous n'me cueillez point, je vais mourir quelle balade"
"Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure"
"Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture"
J'ai pris le petit bonheur l'ai mis sous mes haillons
J'ai dit, "faut pas qu'il meure, viens-t'en dans ma maison"
Alors le petit bonheur a fait sa guérison
Sur le bord de mon cœur y avait une chanson
Mes jours, mes nuits, mes deuils, mes peines, mon mal, tout fut oublié
Ma vie de désœuvré j'avais l'dégoût d'la recommencer
Quand il pleuvait dehors ou qu'mes amis m'faisaient des peines
J'prenais mon petit bonheur et j'lui disais, "c'est toi ma reine"
Mon bonheur a fleuri, il a fait des bourgeons
C'était le paradis, ça s'voyait sur mon front
Or un matin joli que j'sifflais ce refrain
Mon bonheur est parti sans me donner la main
J'eu beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes
Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du cœur
Il s'en allait toujours la tête haute sans joie, sans haine
Comme s'il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure
J'ai bien pensé mourir de chagrin et d'ennui
J'avais cessé de rire, c'était toujours la nuit
Il me restait l'oubli, il me restait l'mépris
Enfin que j'me suis dit, il me reste la vie
J'ai repris mon bâton, mes deuils, mes peines, et mes guenilles
Et je bats la semelle dans des pays de malheureux
Aujourd'hui quand je vois une fontaine ou une fille
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux
Recueillement
Nul ne guérit de son enfance - Jean Ferrat
Sans que je puisse m'en défaire
Le temps met ses jambes à mon cou
Le temps qui part en marche arrière
Me fait sauter sur ses genoux
Mes parents l'été les vacances
Mes frères et sœurs faisant les fous
J'ai dans la bouche l'innocence
Des confitures du mois d'août
Nul ne guérit de son enfance
De son enfance
Nul ne guérit de son enfance
De son enfance
Les napperons et les ombrelles
Qu'on ouvrait à l'heure du thé
Pour rafraichir les demoiselles
Roses dans leurs robes d'été
Et moi le nez dans leurs dentelles
Je respirais à contre-jour
Dans le parfum des mirabelles
L'odeur troublante de l'amour
Nul ne guérit de son enfance
De son enfance
Nul ne guérit de son enfance
De son enfance
Le vent violent de l'histoire
Allait disperser à vau-l'eau
Notre jeunesse dérisoire
Changer nos rires en sanglots
Amour orange, amour amer
L'image d'un père évanouie
Qui disparut avec la guerre
Renaît d'une force inouïe
Nul ne guérit de son enfance
De son enfance
Nul ne guérit de son enfance
De son enfance
Celui qui vient à disparaître
Pourquoi l'a-t-on quitté des yeux
On fait un signe à la fenêtre
Sans savoir que c'est un adieu
Chacun de nous a son histoire
Et dans notre cœur à l'affût
Le va-et-vient de la mémoire
Ouvre et déchire ce qu'il fût
Nul ne guérit de son enfance
De son enfance
Nul ne guérit de son enfance
De son enfance
Belle cruelle et tendre enfance
Aujourd'hui c'est à tes genoux
Que j'en retrouve l'innocence
Au fil du temps qui se dénoue
Ouvre tes bras ouvre ton âme
Que j'en savoure en toi le goût
Mon amour frais, mon amour femme
Le bonheur d'être et le temps doux
Pour me guérir de mon enfance
De mon enfance
Pour me guérir de mon enfance
De mon enfance
Interventions :
Message des amis du théâtre (lu par Luc, Thierry et Richard)
Emportez - « L’espace du dedans » – Henri Michaux.
Emportez-moi dans une caravelle,
Dans une vieille et douce caravelle,
Dans l’étrave, ou si l’on veut, dans l’écume,
Et perdez-moi, au loin, au loin.
Dans l’attelage d’un autre âge.
Dans l’haleine de quelques chiens réunis.
Dans la troupe exténuée des feuilles mortes.
Emportez-moi sans me briser, dans les baisers,
Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,
Sur les tapis des paumes et leur sourire,
Dans les corridors des os longs et des articulations.
Emportez-moi, ou plutôt enfouissez-moi.
Message de Sarah (lu par Janka)
« A Maurice »
« A toi, mon beau-père.
Tu es parti tel un roi shakespearien, toi qui aimais tant le théâtre.
Cette passion, je te la dois sans doute : nous partagions l’amour de la scène, l’amour du théâtre, c’était notre façon singulière de nous rejoindre, chacun avec notre sensibilité.
Ce soir, de l’autre côté du monde, en levant les yeux vers le ciel, je sens que tu n’es pas si loin.
Pour toi, le temps et l’espace n’existent plus. Tu es partout à la fois, dans nos cœurs, dans nos souvenirs …
Je repense aux beaux moments, aux rires et à ces tendresses maladroites que tu savais offrir à ta manière. Tu avais tes ombres, tes excès et tes failles…
Ce soir, sous les étoiles, au bout du monde, je veux célébrer ta vie et toutes ces petites choses qui te racontaient : les articles de Télérama découpés pour accompagner les films que tu enregistrais, les cuillères en bois que tu aimais que je te ramène de chaque pays, le sopalin sous le pot de vinaigrette, tes chaussettes en mohair accompagnées d’un bonnet chaud et d’une grosse écharpe parce que tu avais toujours froid, tes paris du dimanche sur les courses de chevaux, ta manière si enfantine et douce de parler au chat, les coups de gueule quand le téléphone sonnait au moment des guignols, tes excentricités quand tu avais un coup dans le nez, les fous rires que tu faisais naitre lorsque tu étais d’humeur à faire l’andouille, ton charisme sur des skis, ta conduite ponctuée par de grands coups de frein, ton p’tit coussin sur ta chaise de la table à manger, ta beauté et ton émotion lorsque tu chantais Jean Ferrat…
Ta façon si particulière de traverser l’existence sans jamais être tiède.
Ce soir, je laisse la chaleur des souvenirs illuminer ce qui reste…
Je regarde les étoiles, je sais que tu es par là…
Bonne route… »
Message d’Aurélie et Barbara (lu par Thierry)
Mon père, Papa
Il ne fallait pas parler de la mort avec toi, la fameuse camarde de Brassens,
car elle risquait de venir te chercher…alors, on n’en a pas parlé. Tu vois, elle est venue quand même cette garce.
Nous espérons que ton âme est apaisée, que tu flottes quelque part dans l’Amour et la lumière que tu recherchais tant.
Nous te promettons de nous appliquer à aimer la vie et de te garder vivant dans nos souvenirs et nos cœurs.
On n’a qu’un père… et même si tu étais totalement imparfait dans ce rôle-là, c’était toi, notre papa.
Alors…comme le chantait Cabrel : Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai.
Bon voyage.
Message de Henri Peyridieu (lu par lui-même)
Message de Jean-Claude Peyridieu (lu par le maître de cérémonie)
Message en hommage à mon frère :
« Repose en paix Maurice, mon frère, ce n'est pas seulement un adieu, c'est une promesse de ne jamais oublier ces moments passés ensemble.
C'est un hommage à ce lien indissoluble qui unit frères et sœurs, un lien qui continue de vivre même après le départ.
De tout mon cœur, Jean-Claude. »
Message de Danie Chauvet (lu par le maître de cérémonie)
Mon frère tant aimé,
Ma gratitude est infinie pour tes deux filles aimantes et dévouées qui m’ont permis de reprendre enfin ma place de sœur aimante au sein de la famille et à tes côtés pour ce dernier rendez-vous.
Quelle délivrance pour moi au bout de ces longues années de silence et d’absence de rouvrir enfin cette porte, hier fermée avec tant de peine aux déchirements et à l’incompréhension douloureuse... J’ai une profonde compassion pour toi et tes deux anges gardiens, témoins désolés, dans tes derniers instants, de ton âme dévastée, en proie au tumulte. Une gratitude infinie pour elles qui ont œuvré sans relâche pour la réconforter et l’apaiser...
Toutes deux veillant sur toi, l’une Barbara, à t’accompagner de sa fidèle et attentive présence, donnant des nouvelles régulières de ton état de santé, l’autre, Aurélie, chargées de les communiquer, tout attachée à reconstruire le lien distendu avec une part de la fratrie éloignée et dispersée afin de la réunir en intégralité autour de toi...
Pourtant qu’elle était belle et unie cette fratrie quand la maison résonnait de leurs chants en chœur… Des élans de joie, des moments de grâce et d’harmonie restent gravés dans ma mémoire d’enfant.
Je te serre sur mon cœur, mon cher Maurice, et je joins à tous les autres mon témoignage vibrant d’amour et de compassion pour consoler ton âme tourmentée et ma prière pour l’accompagner vers la paix éternelle.
Maitre de cérémonie : « A la demande de ses filles, merci d’applaudir Maurice pour son dernier salut »
Hommage devant le cercueil
Porque Te Vas - Jeanette
Hoy en mi ventana brilla el sol
Y el corazón
Se pone triste contemplando la ciudad
Porque te vas
Como cada noche desperté
Pensando en ti
Y en mi reloj todas las horas vi pasar
Porque te vas
Todas las promesas de mi amor se irán contigo
Me olvidarás, Me olvidarás
Junto a la estación hoy lloraré igual que un niño
Porque te vas, Porque te vas, Porque te vas, Porque te vas
Bajo la penumbra de un farol
Se dormirán
Todas las cosas que quedaron por decir
Se dormirán
Junto a las manillas de un reloj
Esperarán
Todas las horas que quedaron por vivir
Esperarán
Todas las promesas de mi amor se irán contigo
Me olvidarás, Me olvidarás
Junto a la estación hoy lloraré igual que un niño
Porque te vas, Porque te vas, Porque te vas, Porque te vas
Todas las promesas de mi amor se irán contigo
Me olvidarás, Me olvidarás
Junto a la estación hoy lloraré igual que un niño
Porque te vas, Porque te vas
Todas las promesas de mi amor se irán contigo
Me olvidarás, Me olvidarás
Junto a la estación hoy lloraré igual que un niño
Porque te vas, Porque te vas, Porque te vas, Porque te vas
Sortie
C’est con mais bon – Jean Louis Aubert
Une vie sans te parler, c’est long
Sans toi à mes côtés, c’est long.
Une vie à commencer, une vie à terminer,
C’est con, on a eu juste le temps de s’aimer.
Je vis de tes pensées, c’est bon
Tu vis dans mes pensées, allons bon.
Une vie à ramasser, ce que tu m’as laissé,
C’est bon, on a eu juste le temps de s’aimer.
L’absence nous a laissés, tout cons
On s’est rassemblés, tout cons.
On a tous pleuré, on a même chanté,
Qu’on a juste eu le temps de t’aimer, c’est con
On a juste eu le temps de t’aimer, c’est con
On a juste eu le temps de t’aimer, allons bon.